Archive personnelle datant du 16 août 1996 – aucune modification apportée à l’original.
« Contre toute idée reçue, la lenteur s’offre comme un tremplin vers la rapidité, la vraie.
La lenteur ici évoquée n’est en rien comparable à la lenteur des mouvements ou de l’esprit.
La vraie lenteur est celle qui apprécie ; elle est l’Appréciable même. Or tout dans la vie est appréciable. Appréciez votre souffle, appréciez le mouvement de chacun de vos membres, appréciez le déplacement du corps, appréciez chacun de vos pas. Faites ces exercices sans empressement ; peu à peu vous sentirez la lenteur vous envahir, mais une lenteur efficace, une lenteur qui n’égare ni le corps, ni l’esprit. Cette lenteur ne doit pas devenir obsessionnelle. Cette lenteur se fait sérénité : chaque seconde devient une fraction de bonheur éternel. Dans tous les travaux quotidiens, apprenez la lenteur ; l’empressement est chose superflue. La lenteur devient ainsi Mère de la perfection, et la perfection source de sérénité. Rien ne sert de philosopher sur le Beau, mais apprenons la lenteur, apprenons la perfection. Atteindre, réaliser la perfection, c’est aussi goûter une part de sagesse.
La sagesse trouverait donc sa source dans la lenteur ? La sagesse de l’infini n’est-elle vraiment pas une forme de lenteur, sinon la Lenteur par excellence ? »
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