Ether

Après une journée étouffante, l’orage. Je rentre d’un barbecue en pensant vaguement m’installer devant un ordinateur et suivre mes cours de « pentesting ». Je me suis allongé sur mon lit et j’ai dormi. Position du mort. Un premier grondement de tonnerre me réveilla. Je me lève pour débrancher le boitier de téléphonie: pas envie de cécouvrir qu’un éclair l’aurait grillé; si je n’ai plus internet, ce serait « trop la loose ». Puis je retourne m’allonger.

Cet isolement me plaît; ce repos récupérateur me ressource; la coupure avec les ondes rappelle l’essentiel de la vie: ce n’est pas internet qui nous fait vivre, mais le chant des oiseaux. quand je me réveille une seconde fois il est bientôt dix-sept heures. L’orage continue de gronder, la pluie s’annonce. Enfin l’on entend le bruissement dru des gouttes qui viennent heurter le sol. Je m’assois sur le bord du lit, devant la fenêtre encore fermée, et je médite. Les yeux fermés, j’écoute le léger vrombissement de l’air. Depuis combien de temps n’ai-je pas ainsi pris le temps de m’asseoir et de faire « zazen »? Assez longtemps. Pas d’internet et la pluie qui tombe à la verticale. Et du silence. Un silence bruissant mais du silence.

L’orage passé, je sors pour vider les cuvettes qui se sont formées sur le dessus de la serre. Un contrôle sur les salades, les radis et les pieds de tomates; un fond d’arrosoir; c’est parti pour la tournée d’arrosage. J’adore plonger l’arrosoir dans la cuve; un geste vu et revu lorsque je passais mes vacances chez ma grand-mère maternelle. Ensuite je passe dans l’autre partie du terrain pour assurer mon apport en minéraux tout frais. Je fais le tour du cerisier cueillir les premiers fruits mûrs – la saison s’annonce prometteuse, puis je termine par le groseiller qui, lui aussi, croûle sous les grappes de fruits. Un coup d’oeil vers le pommier Clochard: très, très prometteur…

Dans ce moment de grâce, je prends conscience non seulement du plaisir et du privilège dont je jouis, mais aussi je réalise que l’Homme n’a pas besoin de plus pour vivre. Et ce plaisir et ce privilège ont cependant un prix.

Et si je cessais de penser à ce prix?

[13 juin 2025]

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