Le quotidien

Notre quotidien s’apparente à une banale habitude. Chaque journée nous refaisons les mêmes gestes, et ainsi défilent les semaines, les mois, les années…En dehors des périodes de vacances et pour un travail qui ne demande pas beaucoup d’innovation, l’Homme se morfond dans la routine. La plupart d’entre nous sommes des routiniers. Le réveil sonne à la même heure chaque matin, le trajet jusqu’au lieu de travail sera toujours le même, ainsi que le retour et nos activités ne varieront guère. Je pense que cette répétition tend à nous faire oublier le temps : nous ne réalisons pas qu’une semaine vient de passer ; on peut même entendre cela au sujet des années. La routine canalise nos esprits et ne nous fait presque penser à rien.

                Pour rompre avec ce manque de réalité, nous devrions changer nos habitudes afin que nos gestes ne soient pas automatiques, et, par ce moyen, s’habituer à des changements inopinés dans notre vie professionnelle. En effet, avec l’habitude, la moindre variation de l’emploi du temps nous perturbe. Ne pas avoir d’habitude ne pose par conséquent aucun problème. Un certain rythme biologique est quand même souhaitable mais au-delà essayer de varier. En changeant régulièrement d’habitudes nous percevons différemment le temps, nous pouvons mieux l’apprécier étant donné que les actions modifiées prendront plus ou moins de temps que les précédentes. Même si je préconise la mobilité, une organisation à moyen terme est nécessaire ; un seul but à atteindre : ne pas réagir en automate.

                La Nature est un peu responsable de ces habitudes à commencer par le jour et la nuit. Même l’anticonformiste le plus averti ne pourrait vivre la nuit et dormir le jour ! Donc c’est à l’Homme de s’arranger pour éviter le gouffre de l’habitude. Elle permet aussi une rupture de rythme de vie : les saisons et les climats ; affronter les éléments naturels contribue à cette rupture.

                Sur un plan plus humain, la routine touche certaines activités professionnelles. Sont épargnées : les carrières économiques, scientifiques et …les baroudeurs. Dans tous les autres cas, le train-train quotidien est inévitable, et ce sont les catégories de gens les plus nombreuses. Ces personnes doivent avoir une activité extra-professionnelle pour donner un sens à leur vie, autrement elles exerceront le même métier durant toute leur vie et auront l’impression de n’avoir rien fait et pourtant elles auront rendu services. Parce qu’il faut des secrétaires, caissières, techniciens sans formation approfondie ; les patrons sont peu nombreux en comparaison. Sur ce point la Nature répartit bien les Hommes : chacun y trouve son compte, peut-être pas toujours à la hauteur de ses ambitions, mais un jour viendra où il pourra gravir quelques échelons. Cependant, quel que soit le métier exercé, l’occupation ne nous permet pas de penser à notre vie, ce qui est un tort : on travaille pour oublier le temps et sans s’en rendre compte ! Ce n’est qu’à la retraite que l’on s’aperçoit que sa vie n’a pas été que du vide, et que les meilleurs moments gravés dans sa mémoire restent ceux d’une scolarité plus ou moins longue.

                La scolarité est une forme de routine. L’emploi du temps est fixé pour une année et chacun est tenu de le respecter : ici se trouvent les manies.

                La diversité vient de l’enseignement que chaque élève reçoit ; chaque cours a un point d’intéressement différent – songer aux professeurs qui répètent la même chose depuis vingt ans !… Nous avons donc à faire une routine modérée qui, selon les plus âgés, est la meilleure période de l’existence. Quant à eux, je leur suggère de se maintenir en forme pour profiter de la retraite.

                L’habitude est donc quasiment inévitable, nous y sommes tous exposés. Pour éviter le pire, nous devons en prendre conscience, veiller à ce qu’elle ne nous surprenne pas sournoisement. Pour cette réalisation, se fixer un but que l’on peut atteindre et sentir sa propre progression dans la vie. L’accomplissement de chacun d’entre nous est impératif.

                Dans tous les cas, veiller à ne pas sombrer dans la routine.

Ecrit dans les années 1990

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