La Coquerie

J’ouvre la porte de la voiture. Un silence quasi absolu règne sur cet endroit. Je vais chercher une pomme. Je m’assois sur un muret. Je l’épluche avec mon Opinel. La question de l’hygiène est sans intérêt. Ce lieu est un bout du monde. Vous y êtes seul. C’est un lieu de recueillement, de méditation. La personne qui devait y vivre savait. Elle ne pouvait qu’avoir connaissance des alignements cosmiques. Le jardin qui s’allonge devant la maison en est le reflet. Après un massif carré de quelques mètres de côté, on entre dans une partie un peu plus sauvage. Au milieu de cet écrin de verdure, un cercle ouvert matérialisé par une haie de buis. Et puis un carré maçonné dans la plus grande courbure de ce cercle ; trois tuteurs étaient encore attachés par leur sommet au milieu de ce carré. Quelques années plus tôt, en dégageant ce cercle de plantes qui l’avaient envahies, les restes d’une chaise de jardin. Hors de tout doute, la chaise était orientée vers l’Ouest.

                Combien de fois ne me suis-je pas rendu dans ce cercle…pour prier, pour méditer, pour attendre un signe, une notification ? Seul dans cette nature, les Anges devaient forcément faire quelque chose pour moi ! Ils n’ont rien fait, pas plus ces jours-là que tous ceux vécus dans ces moments d’attente et de vaines espérances. Je me trouvais en fin de journée dans ce jardin, un moment où la plupart des gens quittent leur travail, un moment où ils peuvent avoir du temps pour penser à autre chose qu’à leur travail, un moment où elle aurait pu penser à moi, et m’envoyer un message. Peut-être pensait-elle à moi, mais de message, jamais je n’en vis.

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