Pause ouvrière

Midi approche. Pause méridienne. Ils se regroupent autour du préfabriqué qui leur servira de cantine tout au long du chantier. Il tape ses grosses chaussures sur le sol, histoire de les décrotter un peu. Aujourd’hui il fait beau, hier, il n’a pas spécialement plu, mais un chantier en plein terrassement conserve à sa surface toute l’eau que la terre n’a pas absorbée, et les godillots ont de quoi tripler de poids. J’ai connu un tel chantier en charpente. Levage d’une dizaine de fermes industrielles avec de la boue jusqu’aux chevilles ; le moindre déséquilibre, et j’étais bon pour le bain de boue. Premier jour de travail en forme de jour de baptême m’avait le directeur un mois plus tard alors qu’il envisageait de m’embaucher. Mais qu’est-ce qui est pire qu’un bain de boue dans le monde du travail ? Le temps d’un repas pris en commun dans un préfabriqué. Par certains côtés, la situation rappelle le scoutisme ; il faut se débrouiller avec ce que l’on a sous la main. Quand il s’agit d’une situation répétée dans un milieu professionnel, le bonheur est moindre. Ensuite, il faudra supporter les conversations. L’homme tout d’orange habillé se dirige vers cette salle de pause, secoue ses bottes, et est en train de mastiquer son bout de pain avec le reste d’un rôti en sauce. Ce sera un flan en dessert.

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