1er décembre 2023

Retour dans le tertiaire

Une tranche de vie vient de s’achever. Dix années de jardinage ont pris fin cette semaine, mardi 28 novembre. Terminés, la pluie, le froid, les demi-journée sans travail, voire les journées entières, terminé le solde de fin de mois proche de zéro. Je retrouve la vie d’entreprise, précisément celle d’Etablissement de Taille Intermédiaire. Une PME dotée d’un remarquable savoir-faire, qui s’échafaude en groupe, peut-être en holding au fil des années. J’avais déjà effectué quelques tentatives pour retrouver un poste dans ce type d’établissement, mais sans insister, sans persévérer. Je ne me sentais pas crédible. J’avais encore besoin de mon isolement. D’une certaine façon, l’image qui vient à l’esprit est celle de la caverne; je devais en sortir à un moment où à un autre. Plutôt que l’image d’une caverne, je lui substituerais celle du tunnel. D’une vie éclairée par une lumière donnée, j’accède à une vie plus lumineuse, accession réalisée en empruntant un tunnel.

En une seconde ma vie a re-basculé en direction du monde du tertiaire, retour vers mes premières amours professionnelles, la logistique, la gestion de stock. C’est reparti pour prendre la voiture chaque matin et effectuer toujours le même trajet. Pendant combien de temps?

Ne pas y penser.

Question absurde.

— Je sais maintenant que ce type de question n’a pas de sens. —

Et arriver chaque matin dans l’enceinte d’une entreprise — clignotant à droite et s’avancer sur le parking; se garer, sortir de la voiture et emprunter l’allée menant à une porte de service; un spot s’allume à notre approche; cette porte franchie, l’entreprise vous absorbe. On entre dans le bureau, on allume son ordinateur. Et c’est parti pour une journée de travail; huit heures, une heure de pause et deux fois dix minutes pour une pause café. Retrouvaille avec la machine à café et surtout redécouverte des repas pris avec les collègues. Vivement la fin de cette transition de poste et le mois de janvier que je puisse aller à la piscine…

Retour au coeur du système productif

En l’occurence, la production de machines-outils destinées à usiner de la pierre. La sortie d’une telle machine nécessite d’énormes savoir-faire. Des savoir-faire internes, propres à la conception et au montage; et une multitudes d’autres, qu’ils soient liés à l’usinage de vis, la fabrication de sous-ensembles sur-mesure, sans omettre toutes les autres compétences qui vont permettre de manipuler ces machines une fois qu’elles auront été assemblées: les ponts roulants devenant des immobilisations stratégiques et indispensables. Ici, l’intelligence artificielle est absente. A la place, des cerveaux et de la dextérité.

La « décroissance » peut-elle y avoir sa place? Non.

La concurrence est italienne, plutôt « était » italienne puisqu’ entreprise rachetée par les américains; puis très forte percée des chinois. Que dire de plus? Le tableau est posé. Là non plus, point d’intelligence artificielle. Derrière cette concurrence se joue qiuelques millers d’employés; non pas qu’ils risquent tous de se retrouver au chômage du jour au lendemain, mais la concurrence salariale se fera sentir inévitablement.

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