Les Cours privés (2/n)

Les premières leçons commencèrent. Des articles glanés sur Internet pour alimenter l’étude de texte. Chez un bouquiniste Antoine dégotta une anthologie de Tchekov ; une édition russe. Et c’était parti pour le déchiffrement d’une nouvelle. Les aventures de Mitia Kouldarov devenait le prétexte à de multiples sous-entendus. Les leçons du week-end alimentaient les échanges par courriel. Puis les courriels devinrent attendus pour eux-mêmes, peu importaient ce qu’ils racontaient à propos des aventures du jeune Mitia, peu importaient les difficultés de traduction rencontrées, ce qui comptait vraiment se cachait dans les détails. Dans les phrases de conclusion. Les suggestions devenaient de plus en plus claires, jusqu’au moment où le courriel explicite arriva. Le trouverait-il saugrenu, et Antoine ne devrait pas en tenir compte ; y rencontrerait-il un intérêt partagé, qu’il pourrait y donner suite. Et il y donna suite.

Le cours suivant fut écourté. Autant il était capable de rester concentrer sur l’étude d’un texte, autant cette concentration déclinait à vue d’œil chez Gwënaelle, celle qui retire les mots de la bouche et celle qui brise la glace. Voyant que la recherche lexicale devenait totalement inefficiente, Antoine lui proposa si elle ne préférerait pas arrêter ce « cours ». Le oui fusa sans plus attendre; ils enfouirent livres et dictionnaires dans leur sacs et quittèrent la médiathèque. Pour aller où ? Ni l’un ni l’autre n’en avait la moindre idée. Pour quoi faire ? Tiens donc, pour quoi faire ? Antoine, le novice, le moine en puissance, quelle idée pouvait-il avoir de ce qui allait se passer ? Quant à elle, Gwënaelle, elle avait déjà sa petite idée en tête…

Un soleil printanier inondait cette matinée de ses bienfaits, le prologue s’installa sur un banc.

Suite : Quand le Rêve rejoint la réalité (3/n)

(Image générée par IA)

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