Question d’ego et bonne camaraderie (3/)

(suite de Contact (2/))

Je continue de vaincre cet ego aux tendances limitantes. B. occupe mon esprit. Hier soir, pour calmer mes pensées, je voulais lui envoyer un message des souvenirs qui me remontaient des profondeurs. Vu l’heure tardive, je n’osais l’envoyer. L’ego disait: » Non mais t’es pas un peu cinglé », quand l’envie, elle, me disait de le faire. Combien de fois ne me suis-je pas retrouvé devant une telle situation? Sauf qu’aujourd’hui, le logiciel a été mis à jour, et continuera de l’être. Malgré tout, je n’ai pas envoyé le message. Il devait être aux alentours de vingt trois heures. Ce fut fait au réveil. Quelques lignes d’ajoutées, et ‘hop’, clic sur l’icône de l’envoi. Ni crainte, ni peur, ni regret. Je descends prendre mon petit-déjeuner rempli de bonheur, sentiment qui ne me quittera pas de la journée.

En retour, elle m’envoya une longue réponse. Me lire au réveil lui avait fait plaisir. Elle avait aussi l’intention de m’écrire quelques lignes.

B. me parle de liens d’amitiés. Les souvenirs que j’évoque ne lui rappellent rien, « pourtant je n’ai aucun doute sur l’amitié et les liens que nous avons tissés, » me dit-elle. Plus bas dans son message, elle me rapporte les propos qu’elle tint à sa fille aînée pour lui expliquer son désir de prendre le train et d’aller à ma rencontre: « c’est une belle opportunité de la vie que de revoir quelqu’un avec qui on a partagé de bons moments il y a 35 – 40 ans, et qu’il ne fallait pas passer à côté de cela ».

Nous avons été camarades de classe, complices, mais amis au sens courant où l’on peut comprendre ce terme, je ne le crois pas. Une bonne entente régnait entre nous, mais si amitié il y avait entre nous, elle était distante. Dire que nous avons « tissé des liens d’amitié » me semble être une expression exagérée.

Saisir l’occasion improbable d’une visite sur les lieux de son enfance pour rechercher le quidam sur le Net et lui envoyer un message dans les deux heures qui suivent ne fait pas penser à une complice amitié mais à de l’amour. « Cette belle opportunité de la vie » n’est pas nécessairement l’expression la plus adaptée pour dire que l’on va retrouver un ami d’enfance par le premier train qui se présente! Pour une coach professionnelle, « une belle opportunité de la vie », et pour le cas c’en est une, revêt plutôt le sens de l‘opportunité de la vie, celle que l’on ne va pas croiser tous les quatre matins.

Le souvenir du restaurant asiatique ne lui dit rien. Tiens donc, elle ne se souvient donc pas du regard insistant autant que perçant qu’elle me lança vers la fin du repas!

A son amitié, je lui oppose de l’amour; à la tiédeur de la distance amicale, je lui oppose du feu, de la folie.

Photo de Nataliya Vaitkevich sur Pexels.com

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