Finance « verte », bis repetita placent

A l’origine nous ne pensions que commenter l’ouvrage cité ci-dessous à la suite de la publication de Gaël Giraud sur LinledIn ; et puis…nous avons atteint le seuil fatidique du nombre de caractères maximum. Le post s’est donc mué en un article écrit de bon cœur !

S’il eût été encore nécessaire de satisfaire à une ligne éditoriale pour informer autour du nébuleux verdissement de la finance, gageons que cet ouvrage puisse répondre à la demande, dignement et doctement. Nous n’avons pas de doute à ce sujet.

Nous n’avons pas le livre entre les mains, et pourtant nous parions qu’il sera plein de belles propositions pour financer cette « transition » qui ne sera rien d’autre que la continuation de l’actuel fonctionnement sous d’autres espèces! Une marchandisation, toujours autant dictatoriale, mais verte, et peut-être même bio!!

L’industrie de l’Uranium, du Silicium et des désormais bien connus métaux et terres rares ne présentent pas foncièrement les meilleurs garanties contre la génération de pollutions. Nous reprenons ce « concept », l’industrie du silicium, du livre dirigé par Bernard Stiegler, Bifurquez. ((Nous recommandons vivement la lecture de cet ouvrage ; si l’organogénèse exosomatique, la « néguanthropie » et autre noétique ne vous effraient pas…allez y de bon cœur !!))

D’autre part, il ne faut jamais oublier la géopolitique. La vision apportée par un Thomas Gomart, directeur de l’Institut Français des Relations Internationales (Ifri), témoigne, elle, d’une réalité irréfragable. Les « grands de ce monde », Etats-Unis et Chine en pôle position, n’ajusteront leurs « politiques climatiques et numériques » qu’en fonction d’un perpétuel rapport de forces. (cf Les Echos du 29/01/2021). Un seul objectif : la première place. Autant dire que la finance n’en a pas fini de verdir.

Ah ! Un dernier point. Les Echos de ce jour en page 28 , papier de Guillaume Benoît titrant : L’irrésistible ascension de la place d’Amsterdam. (…)« Autre activité destinée à quitter les bords de la Tamise pour celles de l’Amstel : le marché du carbone. (…) « Celle-ci est la principale place d’échange des quotas de CO2, un instrument clé de la politique européenne en matière de lutte contre la production de gaz à effet de serre, avec 1 milliards d’euros de volumes échangés par jour », A. Pertriaux (Adamantia). Voilà, ça c’est la réalité ; on peut écrire tout plein de pages pour dire comment on pourrait créer de l’argent pour financer la transition (G. Giraud, L’illusion financière), pour imaginer des institutions démocratiquement contrôlées pour vérifier que le travail est bien exécuté, ériger des comités de citoyens prompts à se prononcer sur la viabilité de tel ou tel projets (Eloi Laurent), bref, imaginer un merveilleux monde de … libertés (là, on a le droit de s’étouffer!!), on peut même se réjouir que la tonne de carbone franchisse le seuil des 60$, cela ne change strictement rien.

Nous, (je parle en mon nom propre), n’avons le pouvoir d’œuvrer pour la Grande Cause qu’est la Lutte Contre le Réchauffement Climatique (LCRC, je réutiliserai certainement cet acronyme par gain de temps!), nous ne siégeons pas dans les think tanks ad hoc. Nous faisons juste attention au quotidien à ne pas polluer plus que de raison et en faisant attention de ne pas me laisser happer dans les filets des Gafam !! Et nous confessons, (aahh, silice, martinet et couronne d’épines!!) utiliser un ordi, de mobiliser l’énergie des serveurs de WordPress, et même de posséder un « ordiphone » (qualificatif amusant puisé dans le vocabulaire des décroissants !).

Il ne nous reste qu’à espérer que le saint-simonisme du Shift Project combiné à la lumineuse vertu du projet négaWatt nous apportent joie et bonheur sur Terre. Mais gare aux visions totalisantes de la société… !

Une fois n’est pas coutume. En cette période d’euphorie post-pandémique, nous allons reprendre l’antienne de la nouvelle religion sanitaire :

« Prenez soin de vous !! »

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