Le choix du terme social-libéralisme

La critique décroissante porte en elle une forte dose de ce que l’on appelle de l’ « anti-capitalisme ». Assez logiquement nous aurions pu parler de capitalisme. Nous avons jugé cette notion suffisamment imprécise pour ne pas la retenir. Autant parce qu’elle porte une connotation péjorative que par les quantités astronomiques de pages qui ont été écrites à son sujet, et qui continuent de l’être. Le capitalisme financier qui s’est développé ces dernières décennies a très largement contribué à cette mauvaise réputation. Certes tout n’est pas rose, mais la recherche de nuances plutôt que de bouc-émissaire pourrait permettre de fluidifier l’approche du sujet que nous sommes donné d’étudier.

Choisir le terme de « libéralisme »? La connotation qui est véhiculée dans notre conscience collective à son propos ramène directement, et comme par raccourci de pensée, à l’ « ultra-libéralisme ». S’affichent instantanément dans nos têtes les chiffres indécents propulsés par les Bourses mondiales, les horribles bénéfices des sociétés du CAC 40, et nous ne parlons pas des salaires des « grands patrons »… Ensuite, plus sérieusement, il s’agit d’identifier avec honnêteté le fonctionnement de notre société économique. Très simplement, avec une dépense publique qui s’élève aux alentours de 60% du PIB,

« la France devrait échapper pour longtemps au procès en ultralibéralisme que lui instruisent les tenants du néomarxisme » – Pascal Perri (Les Echos, 11/5/2020)

La conclusion s’impose d’elle-même, nous vivons dans une société dont les rouages sont mûs par une dose de social-démocratie et une autre dose de libéralisme. Quant au capitalisme, il est toujours présent, qu’il soit d’Etat ou privé! Nous réservons la dénomination social-démocrate à un volet plus politique qu’économique. Dans la tête des sociaux-démocrates, l’imbrication de ces deux aspects est forte, au même titre que l’on qualifie les interactions fortes de particules quantiques. In fine, nous retiendrons la formule social-libérale, ainsi que l’a utilisée François Hollande : .

« le social-libéralisme, c’est le libéralisme sans la brutalité » (Le Monde 15/9/2016)

En recourant à ce terme, nous cherchons à calmer les ardeurs des plus radicaux anti-capitalistes pour rappeler une certaine « réalité » économique. Nous ne vivons pas dans une monde libéral au sens strict du terme. Et cela redonne plus de charme à vouloir confronter le mouvement de la décroissance, tout épris de convivialisme, à celui d’un contexte social-libéral ambiant qui est loin d’être un monde invivable.

Une réponse à « Le choix du terme social-libéralisme »

  1. Avatar de Marie-Anne Keppers
    Marie-Anne Keppers

    Bonjour à vous Xavier, est-ce votre premier article de votre blog ? Car le lecteur c’est arrêté ici ! J’ai donc tout liker vos articles et j’espère pouvoir lire vos prochaines nouvelles publications… Bon après-midi à vous

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